Gaétan Fianho

Fianho Tsognon pour l’état civil, fait des merveilles au travers de ses créations dans le domaine de la mode togolaise. Il s’est révélé au public togolais par sa marque « Gaëtan Couture » qui s’avère être aussi le nom de sa maison de stylisme. Le jeune Gaëtan fait partie des portes étendards prometteurs du stylisme togolais. Découvrons-le.

FI : On te retrouve sur plusieurs évènements aujourd’hui que ce soit dans le domaine de la mode ou pas. Pourquoi ce choix offensif pour se mettre en avant ?

Fianho Tsognon : C’est vrai je suis présent sur beaucoup d’évènements dans le domaine de la mode ou non. Il y a des jeunes qui m’approchent avec des idées d’évènements relavant de la mode ou pas pour demander des partenariats. Je ne leur dis pas non, j’essaie toujours de leur apporter ma modique contribution pour la réussite de la chose. Je me dis toujours que tout ceci contribue à rehausser la culture togolaise et il faudrait qu’on puisse s’entraider. Tout ceci explique ma présence sur les évènements et sans mentir ça m’apporte aussi de la visibilité et c’est aussi pour moi une stratégie pour communiquer.

FI : Qu’est-ce qui t’as donné l’envie de faire du stylisme et quel est ton parcours ?

FT : Je suis un passionné de la mode depuis tout petit et j’avais un ami styliste Jean-Jacques Franklin qui faisait mes habits. Chaque fois que j’allais le voir j’apportais moi-même les dessins des habits et je lui donnais les instructions pour me les coudre. Un jour je lui dis mon intérêt pour le métier et il me fait savoir que c’est un métier pas du tout facile et qui demande beaucoup de courage, de sacrifice et me demande si je pouvais le faire. J’ai répondu oui et ainsi commença mon entrée dans le domaine de la mode par une formation en stylisme pour une durée de trois ans sous sa tutelle. Après ma formation de trois ans sanctionnée par mon diplôme de Certificat de Fin d’Apprentissage (CFA) chez Franklin je me rendis au Ghana pour un stage de perfectionnement chez un styliste ghanéen Rich Rush Pro. Le stage fini je reviens à Lomé pour ouvrir en 2013 ma propre maison de couture « Gaëtan Couture »

FI : Qu’est-ce que le stylisme selon toi ?

FT : Le stylisme c’est l’art de donner corps à toutes les créativités que nous concevons à travers la mode.

FI : Comment se porte le stylisme togolais ?

FT : Le stylisme togolais se porte bien mais ce n’est pas encore ce que nous escomptons. Nous nous battons pour évoluer mais on fait face à des difficultés telles que le manque de moyens aussi bien matériels que financiers. De plus nous restons trop dans le superficiel dans nos activités il faudrait qu’on aille vraiment au concret. Il nous reste surtout beaucoup à faire pour convaincre nos compatriotes de ne consommer rien que nos productions.

FI : Quelles sont les qualités requises pour ce métier ?

FT : Il faut au prime abord avoir la vocation et la volonté de faire le métier. Ensuite l’on doit avoir de l’humilité pour apprendre et pour finir être prêt à tous les sacrifices pour ledit métier.

FI : Pour un jeune qui désire se faire former comment tu t’y prends ?

FT : Il faut qu’il soit curieux et très attiré par la mode, créatif et amoureux du travail bien fait. Si j’y suis arrivé il n’y a pas de raisons pour que d’autres n’y arrivent pas. J’ai d’ailleurs un volet social qui me permet de former des jeunes qui n’ont pas forcément les moyens de suivre une formation.

FI : Que te rapporte ce métier concrètement ?

FT : Aujourd’hui je pourrais dire que sans ce métier je ne suis rien. Sans mentir le stylisme c’est avant tout du business car non seulement nous cousons pour les clients mais nous faisons aussi des créations en étoffe que nous vendons que ce soit des chaussures ou des accessoires. Je vis carrément de ça et j’arrive à subvenir aux besoins de ma famille avec. Et pour cela je remercie vraiment Dieu.

FI : Quelles sont les créations de collections à ton actif ?

FT : Ma première création est une collection nommée « mes racines ». J’ai ma marque « Gaëtan couture ». Ensuite vient le concept « Born to shine » un style de sérigraphie sur les habits en pagne que je mélange au streetwear mais je les couds. Ce style je l’ai appris au Ghana. Et ma dernière création en date qui aussi est un concept a pour nom « free look » qui ressemble un peu au « Born to shine » mais avec sa petite touche de particularité qui la distingue d’elle.

FI : Quelle est votre activité au quotidien en tant que styliste ?

FT : Le matin quand je lève, après m’être douché je me dirige directement vers l’atelier ou je prends mes cahiers de note pour vérifier les clients que je dois livrer dans la journée, les tenues à coudre et après je vais faire les courses pour m’approvisionner en matériels au marché et les garnitures. Et s’il y a des défilés je me consacre faire les tenues pour.

FI : Pourquoi n’assistons pas à des expositions des créations des stylistes comme pour les artiste peintres plasticiens ?

FT : Au Togo nous nous préparons pour et ça viendra. C’est le manque de moyens qui fait que nous stylistes nous ne nous livrons pas encore à de pareilles activités. Mais nous nous battons et très bientôt nous ferons ce plaisir aux Togolais.

FI : Quels sont les matériaux que tu utilises ?

FT : J’utilise plus le pagne, surtout le pagne africain et des garnitures pour les embellir.

FI : Tu fais partie de cette jeune génération de stylistes togolais qui ont présenté leur collection lors de l’AGOA Fashion Show en 2017. Quels sont les souvenirs ?

FT : L’AGOA Fashion a été une soirée de la Lomé fashion Week 2017 un événement initié par le styliste togolais Fall Touré . On a participé mais sans mentir c’était carrément un d’autre niveau ce qui m’a permis de me jauger. Il y avait plusieurs stylistes venus de plusieurs pays d’Afrique pour présenter leurs savoir-faire. Et c’était une opportunité pour nous jeunes stylistes de faire montre de nos talents. J’ai acquis vraiment une belle expérience au cours de cet événement et j’en ai gardé que de bons souvenirs.

FI : Des podiums qui ont connu tes créations

FT : Je ne saurai tous les citer. J’ai fait la NSA au Bénin, Accra Fashion Week, j’ai participé récemment à un évènement au Burkina Faso et pleins d’autres podiums ici au pays.

FI : Des projets ?

FT : Pour les projets on en a plein qui visent à porter haut la mode togolaise. Et très bientôt la troisième édition de mon évènement « Ego Fashion ».

FI : Un mot de fin

FT : Merci à toutes ces personnes qui croient en ce que je fais et ne cessent de me renouveler leur confiance à chaque fois. Le meilleur reste à venir avec de nouveaux concepts pour le plaisir. Merci à Focus info pour l’opportunité qui m’a été donnée.

interview réalisé par Focus Info N°206